Si la rumeur dit vrai

Phylippe Laurendeau, rédacteur en chef

 

Sur le même sujet

Mon Saint-Laurent vu du rivage : s'approprier notre fleuve Saint-Laurent en contexte de classe

Catherine Simard, professeure en didactique des sciences et technologies, Université du Québec à Rimouski, Lucia Savard, enseignante du primaire et professionnelle de recherche, Université du Québec à Rimouski, Mélanie Cantin, coordonnatrice des communications, Technoscience Est-du-Québec et Dominique Savard, directrice générale, Technoscience Est-du-Québec

Lire la suite
Aborder l'ECC par la porte des perspectives autochtones

Alexis Legault, étudiant à la maitrise, Kara Edward, étudiante au doctorat et Adolfo Agundez Rodriguez, professeur, Université de Sherbrooke

Lire la suite
La notion de risque

Audrey Groleau, professeure de didactique des sciences et de la technologie, Université du Québec à Trois-Rivières, Irvings Julien, stagiaire postdoctoral, Université du Québec à Trois-Rivières et Marco Barroca-Paccard, professeur de didactique des sciences de la nature, de la biologie et de la durabilité, Haute école pédagogique de Vaud (Suisse)

Lire la suite
Éduquer en temps de crise

Isabelle Arseneau, doctorante, Université Laval, Audrey Groleau, professeure, Université du Québec à Trois-Rivières et Chantal Pouliot, Professeure, Université Laval

Lire la suite
La notion d'art scientifique

Maia Morel, professeure agrégée, Université de Sherbrooke et Elizabeth Fafard, étudiante à la maitrise, Université de Sherbrooke

Lire la suite

Le ministère travaille présentement à revoir le processus de révision continu des programmes. Ça, c’est un fait. Mais avez-vous entendu les rumeurs qui courent dans les couloirs du MEQ? Selon mes sources qui gravitent autour de l’édifice Marie-Guyard, les programmes de science et technologie au primaire et au secondaire seraient éventuellement les premiers à en bénéficier. Enfin, dites-vous?

Actuellement, la démarche de révision est extrêmement lourde. C’est pourquoi on ne révise les programmes que toutes les trois décennies. Oui, il y a bien le cours d’éthique et culture religieuse et celui d’histoire, dont l’encre n’a pas le temps de sécher qu’ils sont sitôt remis en question. Mais ce sont des exceptions politiques... Ainsi donc, le MEQ viserait un processus plus simple et plus court.

Le jeune conseiller pédagogique que j’étais au début des années 2000, responsable de l’implantation de la « réforme », se souvient de la forte réaction face à la quantité de contenus impossibles à couvrir dans le temps imparti. La progression des apprentissages, comme un pansement sur une plaie béante, aura permis de cibler les concepts essentiels (si la fonte des glaciers peut être considérée comme essentielle) sans réécrire les programmes. Nous avons même eu droit à une édition pandémique écourtée. En quatrième année du secondaire, le document d’information restreint encore plus le champ des possibles en désignant les contenus visés par l’épreuve unique. Exit l’univers vivant au grand complet!

Et c’est sans compter le cadre d’évaluation des apprentissages, qui en 2011, a ramené de trois à deux le nombre de compétences à évaluer au bulletin du secondaire. On venait de signer l’arrêt de mort de la compétence à Communiquer à l’aide des langages utilisés en science et technologie. Ce n’était pas dit comme ça bien sûr, mais dans les faits, c’est ce qui s’est passé. Avec comme résultat qu’aujourd’hui, nos pauvres programmes ressemblent à des courtepointes avec tous leurs addendas.

 

 

Une deuxième rumeur indique que le ministre jonglerait avec l’idée de faire plus de place aux enjeux climatiques. En effet, ces derniers sont totalement absents du programme au primaire et sont essentiellement présentés comme des repères culturels au secondaire. Oui, il y a bien Science et technologie de l’environnement, un cours optionnel qui, dans les faits, est pas mal moins axé sur l’environnement que son titre laisse paraitre.

C’est pourquoi de plus en plus d’intervenantes et intervenants, dont la directrice générale de notre Association, plaident en faveur d’une plus grande place à accorder aux enjeux climatiques à l’école. Parmi les voix qui s’élèvent, il faut aussi compter celles d’élèves qui ont lancé un sondage plus tôt cette année. Si bien que notre ministre abonderait aussi dans le même sens et chercherait à intégrer les changements climatiques non seulement en science, mais également dans d’autres programmes. La montagne accouchera-t-elle d’une souris ou pour rester dans l’actualité, d’un troisième lien de transport en commun? S'agira-t-il d’un ixième addenda ou d’un programme transdisciplinaire comme celui d’éducation à la sexualité? Les rumeurs ne le précisent pas, mais je demeure à l’affut.

Les rumeurs me semblent donc assez fondées pour que je vous en parle (sans nommer mes sources, secret journalistique oblige). Quoi qu’il en soit, il semble bien y avoir une conjoncture particulière en faveur de la révision prochaine des programmes en science et technologie. Mais il y a loin de la coupe aux lèvres. Il y a du grand ménage à faire. On aimerait bien enseigner moins de « types de liaisons » et plus de solutions concrètes pour diminuer son empreinte écologique. Espérons que nous n’aurons pas droit qu’à une opération cosmétique.

D’autres sources bien informées m’indiquent également que toute l’équipe de l’Association suit le dossier de très près. Si la rumeur ministérielle se confirme, vous serez consultés et l’AESTQ portera votre voix à Québec. Et ça, c’est un fait.