Animé par Joël Leblanc

Formé en science (biologie, paléontologie), Joël Leblanc se consacre à la communication des sciences pour le grand public. Journaliste scientifique au magazine Québec Science, conseiller pour des musées, rédacteur et concepteur pour des écoles et des corporations, animateur, il a fondé en 2015 Zapiens, une boite de communication scientifique dont la mission est de rehausser la culture scientifique et l’esprit critique des Québécois. Son équipe et lui ont conçu, entre autres, le Bunker de la Science, un complexe de jeux scientifiques qui accueille des groupes scolaires, des familles et des entreprises pour leur faire voir, et surtout vivre, la science autrement.

Nos panellistes

David Covino, conseiller pédagogique, C.S. des Grandes-Seigneuries

David Covino a commencé son parcours de médiateur scientifique comme éducateur-naturaliste dans le réseau des grands parcs de Montréal, pendant plus d’une décennie. Il a ensuite enseigné la science et la technologie au secondaire et, depuis 14 ans, il occupe un poste de conseiller pédagogique en science et technologie à la Commission scolaire des Grandes-Seigneuries. En plus de ses tâches principales de formation, d‘accompagnement, de conseillance et d’innovation, il a eu la chance de contribuer aux travaux de la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie (CRIJEST).

Depuis quelques années, il travaille la démarche de construction d’opinion et les habiletés du penseur critique. L’influence grandissante des médias sociaux lui confirme l’importance de cultiver le doute et la pertinence de rehausser la culture scientifique. Finalement, il espère que l’élève utilisera ses habiletés de penseur critique pour guider ses choix et ses décisions afin qu’il agisse en citoyen éclairé tout au long de sa vie.

Audrey Groleau, professeure en didactique des sciences et de la technologie, Université du Québec à Trois-Rivières

Audrey Groleau a été embauchée comme professeure de didactique des sciences et de la technologie à l’Université du Québec à Trois-Rivières il y a cinq ans, après avoir fait des études en physique, en enseignement et en didactique, et alors qu’elle était enseignante de physique au cégep. Dans le contexte de ses recherches, elle s’intéresse aux rapports à l’expertise scientifique de futurs enseignants, scientifiques et ingénieurs. Sans travailler de façon directe sur la notion de pensée critique, elle offre des cours relatifs aux aspects épistémologiques de la didactique aux futurs enseignants et enseignantes afin qu’ils comprennent mieux ce que sont les sciences, les technologies, le travail des scientifiques et des ingénieurs. Elle les forme aussi à l’enseignement de différentes démarches de construction d’opinion autour de questions technologiques et scientifiques. Enfin, elle les invite à adopter une posture non déficitaire envers les citoyens et les citoyennes, c’est-à-dire qu’elle souhaite qu’ils s’éloignent de l’idée selon laquelle les citoyens souffriraient de déficits de connaissances, d’intérêt et de compréhension lorsqu’il est question des sciences et de la technologie.

Abdelkrim Hasni, professeur, Université de Sherbrooke

Abdelkrim Hasni est professeur en didactique des sciences et de la technologie à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Ancien enseignant au secondaire, il détient une formation scientifique (sciences naturelles) doublée d’une formation en éducation (didactique). Il est directeur fondateur du Centre de recherche sur l’enseignement et l’apprentissage des sciences (CREAS) et titulaire du Pôle UdeS de la Chaire de recherche sur l’intérêt des jeunes à l’égard des sciences et de la technologie (CRIJEST). Il occupe depuis mai 2017 le poste de vice-doyen à la recherche et aux études supérieures en recherche. Sa vision de la pensée critique repose sur la maitrise de la pensée scientifique et sur le recours à la rationalité. Cette vision conduit à tenir compte de trois dimensions lors du développement de la pensée critique : amener les élèves à juger de la crédibilité scientifique de ce qu’ils connaissent, ou de ce qu’ils pensent connaitre, et à se distancier de leurs perceptions premières; questionner le savoir qu’on leur présente et juger de sa crédibilité sur des bases rationnelles; prendre une position éclairée face à la manière avec laquelle les sciences influencent la vie des individus et de la société.

Pascal Lapointe, rédacteur en chef, Agence Science-Presse

Pascal Lapointe est rédacteur en chef de l’Agence Science-Presse qui, en 2016, lançait le Détecteur de rumeurs (DDR), l’une des très rares rubriques de vérification des faits dans le monde s’intéressant aux fausses nouvelles... à caractère scientifique. Le DDR s’inscrit dans un mouvement international qui a vu naitre, depuis les années 2000, près de 200 médias ou rubriques exclusivement voués au fact-checking, mais plus largement, il s’inscrit dans un mouvement « d’éducation à l’information » : en vertu du principe voulant que de déboulonner une fausse nouvelle, c’est indispensable à notre époque, mais de donner au public des outils pour qu’il apprenne à déboulonner par lui-même, l’est tout autant. Depuis 3 ans, à travers des conférences du DDR dans les écoles et auprès de clientèles adultes, à travers le projet pilote de « journaliste en résidence » ou les échanges avec leurs lecteurs, ils ont pu constater que les habiletés à transmettre pour éviter de « tomber dans le panneau » des fausses nouvelles, sont les mêmes pour tous, jeunes ou moins jeunes.

Sylvain Robert, professeur, Université du Québec à Trois-Rivières

Sylvain Robert fut directeur du Département de chimie, biochimie et physique et membre du Centre de recherche sur les matériaux lignocellulosiques (CRML) de 1987 à 2016 dont il a assuré la direction de 2011 à 2016. Le professeur Robert est récipiendaire de nombreux prix d’excellence en enseignement et pour ses recherches notamment le prix Raymond-Gervais, de l’AESTQ (2007), le Prix national 3M pour l’excellence en enseignement, SAPES/STLHE (2009), le premier Prix du ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de la science du Québec – Prix Guy Rocher (2014) et en tant que chercheur, on lui a décerné le prix Raimbault de Montigny de l’Association canadienne des pâtes et papiers et il est devenu PAPTAC Fellow en 2017. Retraité depuis peu de l’UQTR, il a surtout enseigné en chimie organique et chimie physique, mais ses spécialités sont la modélisation moléculaire, la chimie de l’environnement et l’histoire des sciences. L’histoire des sciences le passionne et l’amène vers une réflexion sur l’enseignement en cette seconde décennie du 21e siècle. Qui sommes-nous? Que faisons-nous? Où allons-nous? Comment l’évolution des technologies depuis le début du 20e siècle a modifié la société, et quel est l’impact de cette évolution sur l’acte d’enseignement et le transfert de la connaissance, du savoir et de la pensée critique?