Martin Aubé et Stéphane Lavigne (2012)


Catégorie Primaire/Secondaire
Stéphane Lavigne
Enseignant au Collège Régina Assumpta


Avant même d’avoir terminé ses études de baccalauréat en Chimie à l’Université de Montréal, le Collège Régina Assumpta allait le recruter. Il sera alors fidèle à cet établissement durant plus de 26 années, durant lesquelles il a enseigné à peu près tous les programmes de sciences, d’informatique et de mathématiques. C’est tout de même vers la chimie que sa préférence l’attirera. 

Durant toutes ces années, il ne cessera d’innover, entre autres, par l’intégration efficace de TIC dans son enseignement. Non seulement il conçoit un site Internet exclusivement préparé à l’intention de ses élèves et qui contient des résumés, des schémas et plus de 40 capsules vidéo (dans lesquelles on nous dit qu’Elvis fait parfois des apparitions), mais il utilisera également des interfaces permettant le traitement de données prises directement dans la réalité naturelle du Collège. En 2007-2008, il écrit son propre manuel de chimie 534-584, qui comprend plus de 140 pages. Il est également un participant fréquent aux congrès de l’APSQ.

Ses lettres de recommandations, rédigées par des directeurs, collègues, responsables en S & T et techniciens de laboratoire, qui parfois le connaissent depuis ses débuts, sont unanimes. Il est un enseignant extrêmement apprécié de ses élèves. « Audacieux », « innovant », « dynamique », « constant », il convainc la direction, puis ses collègues, d’intégrer les TIC aux pratiques du collège. Une bonne part de la réputation exceptionnelle de son collège en utilisation des TIC est d’ailleurs à mettre à son crédit. Ses collègues décrivent longuement ses développements pédagogiques, qualifiés d’« uniques », d’une « qualité exceptionnelle », « dignes des meilleures éditeurs » qui « contribuent à allumer la flamme des sciences chez plusieurs de ses élèves » et de les « captiver ». Les élèves, dit-on dans ces lettres, « en redemandent ». Et lui de travailler encore davantage et d’y investir de longues heures. Dans une autre lettre, remplie d’humour, on raconte qu’il s’est retrouvé à l’hôpital avec un collègue, convaincu que le mercure de ses thermomètres les avait contaminés, pour se faire dire que cela ne présentait aucun danger… Mais voilà, c’est un enseignant si convaincant que le collègue souffrait de lourdes démangeaisons après qu’il eut donné l’alerte et l’ait convaincu de l’imminence du danger. Sans aucun lien avec cette histoire, dans une autre lettre de recommandation, écrite par une TTP, il est déclaré : « dans ses yeux brillent la chimie ». Elle ajoute finalement : « Il y a même un étudiant qui m’a avoué qu’il détestait la chimie avant de l’avoir comme professeur. Il a carrément changé sa vision de cette matière ». Et « À chaque année, j’ai la chance de revoir nos anciens élèves revenir visiter le collège. Et à chaque fois, c’est dans sa classe que les élèves vont en premier ».

Catégorie Collégial/Universitaire
Martin Aubé
Enseignant au Cégep de Sherbrooke

Martin Aubé est décrit comme un personnage polyvalent : physicien, enseignant et chercheur. Détenteur d’un baccalauréat en physique de l’Université de Sherbrooke, d’une maitrise en astrophysique de l’Université Laval et d’un doctorat en télédétection de l’Université de Sherbrooke, il commencera sa carrière d’enseignant en 1991 au CÉGEP de Matane et donnera aussi des cours aux CÉGEPS de Drummondville, de Granby et finalement, de Sherbrooke, où il obtiendra un poste qu’il occupe toujours. 

Depuis ses tout débuts comme enseignant, il pratiquera l’innovation pédagogique, entre autres, sous la forme de « tours de physique », qu’il conserve apparemment bien en sécurité dans sa valise. Lorsqu’il ouvre cette dernière, l’aventure et l’émerveillement se produisent sur une base si régulière et si intense que ses étudiants sont finalement toujours sur le qui-vive et assistent assidument à ses cours dans l’espoir qu’il la sorte. Il est un disciple de l’apprentissage par problème et développe des plateformes en ligne, comme APP-WIKI, pour assurer le travail collaboratif de ses étudiants. Il crée également le GRAPHYCS, qui est le centre de recherche et d’application en physique du CÉGEP de Sherbrooke. Le GRAPHYCS est né à la suite d’une déclaration faite par notre lauréat à ses étudiants dans le cadre d’un de ses cours de physique : « Lorsque nous sommes curieux et que nous tentons d’expliquer des phénomènes qui nous entourent, nous explorons le monde de la recherche. Ainsi, nous pouvons tous devenir des chercheurs, même vous en tant qu’étudiants! »

À la suite de cette déclaration, certains d’entre eux sont venus le voir pour tester le sérieux de ses propos. C’est alors que l’idée d’intégrer un projet pilote, « d’initiation à la recherche scientifique en physique destinée aux étudiants de 2e année des programmes de Sciences, Lettres et Arts et de Sciences de la nature » a vu le jour et s’est développé depuis autour du thème principal de la détection nocturne des polluants atmosphériques incluant la pollution lumineuse.

Sous la supervision de notre lauréat, chaque étudiant ou étudiante qui participe au GRAPHYCS vit toutes les étapes d’un authentique projet de recherche, et fait annuellement au moins une présentation orale dans un congrès. Tous font la démarche de rédaction d’un rapport de recherche scientifique. Plusieurs d’entre eux deviennent même coauteurs d’une publication officielle. Les réalisations des étudiants ont mené entre autres à des missions scientifiques aux États-Unis et même en Chine, en 2011.

En 2004, il reçoit le Prix annuel de l’activité remarquable de la Fondation du Cégep de Sherbrooke pour l’activité GRAPHYCS. En 2007, l’Association québécoise de pédagogie collégiale lui a accordé la mention d’honneur de Reconnaissance pour ses travaux en pédagogie des sciences. Il reçoit en 2011 le Mérite Estrien pour l’ensemble de ses activités. Conférencier scientifique et pédagogique à maintes occasions, il présente également une imposante revue de presse; Radio-Canada, Télé-Québec, et de nombreux journaux se l’arrachent. Auteur de nombreuses publications scientifiques, et affiliées à de nombreux centres, groupes et commissions de recherche, il est également professeur associé au département de géomatique appliquée de l’Université de Sherbrooke et impliqué étroitement avec l’Astrolab du Mont-Mégantic.

Ses lettres de recommandation parlent de lui comme si inscrivant « dans la tradition millénaire initiée par les grands penseurs grecs, convaincus que la connaissance prend sa source dans l’étonnement ». À d’autres moments, ces lettres parlent de lui comme d’« un chercheur d’une grande envergure » et les personnes qui ont appuyé sa candidature, directeurs, collègues, anciens étudiants et enseignants universitaires, le présentent comme une personne « rigoureuse », « intègre », « critique », « passionnée », « polyvalente », « créative », « modeste » et « amoureuse de l’enseignement et de ses étudiants ». Ses pratiques sont décrites que « manquant de formalisme », mais pourtant « menées avec l’intuition que l’apprentissage doit être actif ». Des étudiants décrivent son passage dans leur vie comme déterminant dans leur choix de devenir des scientifiques.


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